Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) publie le 16 mai 2018 un rapport intitulé « Enjeux éthiques du vieillissement. Quel sens à la concentration des personnes âgées entre elles, dans des établissements dits d’hébergement ? Quels leviers pour une société inclusive pour les personnes âgées ? ». Ce rapport de 68 pages analyse les conditions de vie des personnes âgées, leur concentration dans des établissements adaptés, et les politiques publiques qui pourraient permettre de mieux les inclure dans la société. Cet avis résolument « politique », dresse un constat alarmant et propose des pistes concrètes pour renforcer la conscience de cette réalité démographique, le vieillissement de notre population, et le respect des personnes âgées.

Le vieillissement de notre société est aujourd’hui une réalité démographique indéniable et qui invite à repenser notre façon de vivre ensemble pour permettre une meilleure inclusion des personnes âgées. Des mesures législatives ont ainsi été entreprises ces dernières années pour faire face à cette réalité, que ce soit par la loi de 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement ou bien par celle de 2016 relative à la modernisation de notre système de santé. C’est dans ce contexte social et politique que le CCNE a choisi de s’autosaisir pour traiter des enjeux éthiques du vieillissement, trop peu présents à ses yeux dans la construction des politiques publiques relatives à l’accompagnement des personnes âgées : comment rendre la société davantage inclusive vis-à-vis de ses citoyen(ne)s les plus âgé(e)s ?

Avis n°128 du 15 février 2018 – publié par le CCNE

Table des Matières
  1. Comment contribuer au changement des mentalités et à la modification du regard porté sur les personnes avancées en âge ?
    a) Considérer les personnes âgées comme des citoyens à part entière, titulaires de droits effectifs
    b) Modifier les normes verbales
    c) Le rôle de l’éducation des enfants à leur rapport avec les personnes âgées et dans leur sensibilisation précoce à la notion de solidarité.
    d) Le rôle des médias dans une vision positive du « grand âge »
    e) Le rôle des dispositifs « Culture et Santé »
  2. Comment faire face à une clinique moderne de la vulnérabilité et de l’incertitude ? Vers une refondation épistémologique du système de santé, de la médecine et de la formation des acteurs de la santé et du social
    a) Le retour de la singularité et de l’altérité dans un univers marqué par la norme.
    b) Incertitude et responsabilité : les situations complexes obligeront à travailler autrement
    c) Repenser la notion de performance à l’aune de la complexité, de la singularité, et de l’incertitude
    d) L’enjeu majeur de la formation des acteurs de la santé et la nécessité de penser de nouveaux métiers de la santé et du social
  3. Vers de nouvelles formes de solidarités dans notre société en direction des personnes les plus fragiles et vulnérables
    a) La création d’un 5ème risque de la sécurité sociale ?
    b) Du besoin de reconnaître la place du proche aidant à l’institution d’un droit universel des personnes aidantes au répit
    c) Les solidarités via une évolution du droit social
    d) Un focus sur les personnes âgées en grande précarité
    e) Des nouvelles formes de bénévolat
    f) Mieux protéger les personnes vulnérables par la création d’un délégué interministériel à la protection des majeurs.
    g) Le rôle de l’éducation (nationale)
    h) Le rôle des médias
  4. Vers un renforcement des politiques d’accompagnement du vieillissement
    a) Développer une culture préventive pour mieux anticiper le 4ème âge
    b) Vers des dynamiques intergénérationnelles pour lutter contre l’isolement, l’exclusion et la concentration des personnes âgées entre elles.
    c) La révolution numérique, la domotique et la robotique solidaires
    d) De nouveaux métiers et des métiers de la proximité revalorisés
    e) Pour une adaptation appropriée du logement des personnes âgées
    f) Favoriser et diversifier les alternatives à l’EHPAD sur un même territoire
    g) L’EHPAD hors l’EHPAD et l’EHPAD de demain.
  5. Conclusion