Comment garantir le respect du secret médical alors que l’on recueille de plus en plus
de données de santé sous forme numérique, dans le cadre des soins mais aussi d’applications
destinées au bien-être? Le Comité d’éthique (CCNE) dresse des pistes dans un rapport publié mercredi.
« Les mutations technologiques et culturelles obligent à s’interroger sur les enjeux éthiques
liés au recueil des données, à leur traitement et à leur exploitation », estime le CCNE.
Il insiste « sur la nécessité de renforcer la protection de la personne concernant l’exploitation
de ses données personnelles ».

Traitement des données: une source de progrès?

Les données massives concernant la santé sont aujourd’hui recueillies par le biais des professionnels
ou des administrations, et stockées sur des serveurs informatiques. Le traitement de ces données par
des algorithmes promet d’être une source majeure de progrès pour la médecine dans les années à venir:
rassembler et croiser une masse énorme d’informations sur telle ou telle maladie permet en effet
d’améliorer le diagnostic et les traitements.

Mais cela pose aussi le problème de la confidentialité. La protection des données personnelles
sur internet et les réseaux sociaux comme Facebook est une question de première importance.
C’est d’autant plus vrai que nombre de ces données sont déposées par les intéressés eux-mêmes sur
des applications. Grâce à celles-ci, ils peuvent, par exemple, surveiller leur poids ou leur rythme
cardiaque. « Formidable accélérateur de l’innovation en santé, l’exploitation des données massives
fait intervenir, dans un domaine traditionnellement réservé au soin, de nouveaux acteurs qui ont
pour objectif principal l’exploitation commerciale d’un marché du bien-être en plein essor », souligne
le CCNE. « Comment assurer la protection des personnes, face à ces acteurs qui ne sont pas tenus aux
mêmes règles déontologiques que les professionnels de la santé? », s’interroge-t-il.

Des applications qui « doivent pouvoir être évalués»

Selon le Comité d’éthique, les sites et applications qui donnent des conseils pour la santé « doivent
pouvoir être évalués » pour s’assurer qu’ils recueillent, interprètent et traitent ces données de santé
avec une rigueur suffisante. Au-delà de la question des opérateurs privés, le CCNE juge que tout le monde
doit bénéficier d’une « information compréhensible, précise et loyale sur le traitement et le devenir
de ses données de santé ».

Le rapport publié mercredi complète d’autres réflexions du CCNE sur ce sujet. Elles figuraient dans un
avis rendu en septembre et destiné à nourrir la future loi de bioéthique sur une multitude de thèmes
(PMA, tests génétiques, recherche sur l’embryon…).

Information issue du CCNE

https://www.ccne-ethique.fr/fr/actualites/lavis-130-du-ccne-sur-donnees-massives-big-data-et-sante-une-nouvelle-approche-des-enjeux