Identités et vieillissement

Identités et vieillissement

Le 22 mai 2018,  France Silver Éco a organisé son premier workshop réservé aux membres de la communauté scientifique.   

Thème du jour : Interroger la notion du vieillissement actif : enjeux, apports et limites

Différents intervenants abordent la notion de vieillissement actif en lien avec la vie des seniors en entreprise, l’impact du passage à la retraite sur la construction identitaire de la personne vieillissante et sur ses pratiques de consommation en particulier alimentaire.

Traiter du maintien en activité des séniors ou de l’employabilité des séniors, sans mobiliser la construction des identités des acteurs vieillissants, serait réduire l’apport du vieillissement à la construction de nos sociétés, serait restreindre le champ d’investigation sur l’autonomie aux seules questions de dépendance ou aux seules questions économiques, serait amoindrir la possibilité d’une construction ensemble, bien au-delà de nos catégories, d’un monde renouvelé. (B. Charpentier)

Accès aux différentes présentations des intervenants.

 

Les directives anticipées

Les directives anticipées

Un sondage Ifop-Alliance Vita publié fin 2017 révèle que 14 % des Français ont rédigé des directives anticipées en prévision de la fin de leur vie.

 

Dernières volontés sur les soins en fin de vie

Les directives anticipées correspondent à la volonté (exprimée par écrit) concernant la fin de vie d’une personne qui ne serait plus en mesure de s’exprimer.  Elles sont inscrites dans la loi et ont un caractère obligatoire sauf dans certains cas.

Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées (DA) pour le cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté. Ces DA expriment la volonté de la personne relative à sa fin de vie en ce qui concerne les conditions de la poursuite, de la limitation, de l’arrêt ou du refus de traitements et d’actes médicaux.

Elles sont révisables et révocables à tout moment.

Elles peuvent être rédigées selon un modèle dont le contenu est fixé par décret en Conseil d’État pris après avis de la Haute Autorité de Santé.
Ce modèle prévoit la situation de la personne selon qu’elle se sait ou non atteinte d’une affection grave au moment où elle rédige de telles directives.

Les DA sont contraignantes pour le médecin, pour toute décision d’investigation, d’intervention ou de traitement, sauf en cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation.
Si les DA apparaissent manifestement inappropriées, le médecin, pour se délier de l’obligation de les respecter, doit consulter au moins un confrère, motiver sa décision, l’inscrire dans le dossier médical et en informer la personne de confiance ou à défaut la famille ou les proches. L’accessibilité aux DA est facilitée par une mention inscrite sur la carte vitale.

Les directives anticipées ne sont utilisées que lorsque la personne n’est pas en état d’exprimer sa volonté. Si la personne est en capacité de s’exprimer, elle doit être consultée et donner ou refuser son consentement aux traitements proposés par le médecin. C’est la parole de la personne concernée qui prévaut sur toute autre information. (source : has-sante.fr)

Enjeux éthiques du vieillissement

Enjeux éthiques du vieillissement

Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) publie le 16 mai 2018 un rapport intitulé « Enjeux éthiques du vieillissement. Quel sens à la concentration des personnes âgées entre elles, dans des établissements dits d’hébergement ? Quels leviers pour une société inclusive pour les personnes âgées ? ». Ce rapport de 68 pages analyse les conditions de vie des personnes âgées, leur concentration dans des établissements adaptés, et les politiques publiques qui pourraient permettre de mieux les inclure dans la société. Cet avis résolument « politique », dresse un constat alarmant et propose des pistes concrètes pour renforcer la conscience de cette réalité démographique, le vieillissement de notre population, et le respect des personnes âgées.

Le vieillissement de notre société est aujourd’hui une réalité démographique indéniable et qui invite à repenser notre façon de vivre ensemble pour permettre une meilleure inclusion des personnes âgées. Des mesures législatives ont ainsi été entreprises ces dernières années pour faire face à cette réalité, que ce soit par la loi de 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement ou bien par celle de 2016 relative à la modernisation de notre système de santé. C’est dans ce contexte social et politique que le CCNE a choisi de s’autosaisir pour traiter des enjeux éthiques du vieillissement, trop peu présents à ses yeux dans la construction des politiques publiques relatives à l’accompagnement des personnes âgées : comment rendre la société davantage inclusive vis-à-vis de ses citoyen(ne)s les plus âgé(e)s ?

Avis n°128 du 15 février 2018 – publié par le CCNE

Table des Matières
  1. Comment contribuer au changement des mentalités et à la modification du regard porté sur les personnes avancées en âge ?
    a) Considérer les personnes âgées comme des citoyens à part entière, titulaires de droits effectifs
    b) Modifier les normes verbales
    c) Le rôle de l’éducation des enfants à leur rapport avec les personnes âgées et dans leur sensibilisation précoce à la notion de solidarité.
    d) Le rôle des médias dans une vision positive du « grand âge »
    e) Le rôle des dispositifs « Culture et Santé »
  2. Comment faire face à une clinique moderne de la vulnérabilité et de l’incertitude ? Vers une refondation épistémologique du système de santé, de la médecine et de la formation des acteurs de la santé et du social
    a) Le retour de la singularité et de l’altérité dans un univers marqué par la norme.
    b) Incertitude et responsabilité : les situations complexes obligeront à travailler autrement
    c) Repenser la notion de performance à l’aune de la complexité, de la singularité, et de l’incertitude
    d) L’enjeu majeur de la formation des acteurs de la santé et la nécessité de penser de nouveaux métiers de la santé et du social
  3. Vers de nouvelles formes de solidarités dans notre société en direction des personnes les plus fragiles et vulnérables
    a) La création d’un 5ème risque de la sécurité sociale ?
    b) Du besoin de reconnaître la place du proche aidant à l’institution d’un droit universel des personnes aidantes au répit
    c) Les solidarités via une évolution du droit social
    d) Un focus sur les personnes âgées en grande précarité
    e) Des nouvelles formes de bénévolat
    f) Mieux protéger les personnes vulnérables par la création d’un délégué interministériel à la protection des majeurs.
    g) Le rôle de l’éducation (nationale)
    h) Le rôle des médias
  4. Vers un renforcement des politiques d’accompagnement du vieillissement
    a) Développer une culture préventive pour mieux anticiper le 4ème âge
    b) Vers des dynamiques intergénérationnelles pour lutter contre l’isolement, l’exclusion et la concentration des personnes âgées entre elles.
    c) La révolution numérique, la domotique et la robotique solidaires
    d) De nouveaux métiers et des métiers de la proximité revalorisés
    e) Pour une adaptation appropriée du logement des personnes âgées
    f) Favoriser et diversifier les alternatives à l’EHPAD sur un même territoire
    g) L’EHPAD hors l’EHPAD et l’EHPAD de demain.
  5. Conclusion

 

Manifeste « Vers une société bienveillante »

Manifeste « Vers une société bienveillante »

Le collectif Évolutif, composé à la fois de personnes atteintes de maladies neuro-évolutives et de chercheurs en sciences humaines et sociales, vient de publier un manifeste intitulé « Vers une société bienveillante ».

Depuis quelques années, les initiatives se multiplient en France afin de promouvoir l’inclusion des personnes vulnérables. Pourtant, la reconnaissance de leur capacité à être partie-prenante des choix et des décisions qui les concernent au sein de la communauté, si souvent mise en avant, aboutit à peu d’initiatives pratiques significatives. Des évolutions s’imposent. Le contexte actuel des états généraux de la bioéthique est favorable à une nouvelle

compréhension de ces enjeux.

Le Manifeste « Vers une société bienveillante » a été pensé et rédigé par ceux qui vivent au quotidien les réalités humaines et sociales d’une maladie neuro-évolutive. Leur parole fait écho à ceux qui sont encore sans voix.

Téléchargez le manifeste : Vers une société bienveillante